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TEXTES 2

CE MATIN  (février 2010)

 

 

De la pénombre, du silence,

je cherche à extirper dieu de mes songes.

J'enclenche un pas, je trébuche une marche.

J'accroche un premier anneau,

au fil qui pend de la voûte céleste*,

j'y enfile alors mon corps rendu léger.

J'entends bien trouver lumière et éclairer ma curiosité.

Le silence à rendre fou, me frappe à l'intérieur,

un blanc m'entoure vaste et laiteux.

Je suis seule.

Je délecte mes sens de cette rencontre intérieur.

Enfin, je trouve paix,

enfin, je me relie au néant qui m'a donné vie,

en fin, je suis un parmi tous

je suis multiple, et rien à la fois.

Je suis entre tes mains, fragile.

Le manteau d'air qui nous sépare,

trouve lien à certaines heures,

quand l'anneau de passage m'invite à demeure.

Parfois, il est trop étroit, je dois renoncer et attendre d'être Prête.

C'est à l'intérieur de mon corps que cet anneau se forge,

Sous le feu brûlant de ta présence,

tu es le seul guide à lui donner sa force,

à lui modeler sa forme.

Nos rencontres sont alors à la mesure d'une forme qui résiste au coups de la forge.

Les résistances ne me guident pas,

ralentissent notre céleste rencontre.

Mais quand le fer est chaud, brûlant, en fer,

quand son rouge intense éclaire, en fer,

quand sa forme s'épure, perfection,

quand le silence ensuite maitrise l'instant,

je touche au plus profond en retour,

comme un halo qui m'absorbe,

par l'anneau alors béant,

je passe légère,

sans avoir besoin d'aller plus haut,

je flotte,

je vois à la transparence de mon corps,

qu'alors tu le traverse,

comme un nuage.


ICI (février 2010)


Prisonnière d'un violent point d'électricité,

mon épaule avance tête bêche,

un cran d'avance sur l'autre épaule.

Sentir ce qui vient.

Une para lisi de mon côté droit.

J'accroche aux âmes qui divaguent une corde qui se tend sous leur poids.

Ma main caresse mon cou endolori, tendu par mon dos, ce qu'il porte est lourd.

Paralysie jusqu'au bout des doigts,

jusque dans la pulpe des paumes.

Je n'entends plus quand la terre me parle,

mes mains sont accaparées ailleurs,

sont fermées comme des crochets.

Il est temps que je laisse aux âmes le fardeau de leur destinée,

il est temps que je me laisse absorbée à nouveau par toi,

il est temps que l'on se relie encore

eau    terre      geste qui fait forme.

J'accepte ce qui vient, je suis ton humble servante.

A travers mes doigts tu projètes ton ombre.

J'ai vu dans le creux et les empreintes le message que tu as lissé,

à tes mots, je lâche ce qui empêche de fondre l'une dans l'autre,

j'accroche,

je te rejoins,

je m'absorbe,

je m'absous.




Humble et même humide du crumble

je parle à sylvie en bulle bleue

pour m'absorber de paralysie

MEME ! Je fais razia d'une ablation du sorbet

et si par là

pas d'sorbet quand part à lysie

m'absorber,

absout

rapa sylvie !

 

 

FEMME AU COEUR D'UN CYCLE

 

 

Il me vient des maux,

ceux d’une femme au cœur d’un cycle,

d’une femme en danse,

un pas au rythme de sa vie d’avant,

un pas au son lointain de sa vie d’après.

Femme entre âge qui meurt et âge de pensées,

femme vers un cycle,

celui qui ne porte plus la vie.

Hanches larges et profondes ont données fils et filles à la terre,

qu’y a-t-il à contenir pour la vie d’après ?

femme seule avec quoi à créer ?

femme seule avec elle-même,

femme seule.

 

 

JE N'EXISTE PAS

Pourtant mes pensées m’envahissent

Je n’existe pas

Pourtant mon ventre se gonfle d’air

Je n’existe pas

Pourtant mon pied s’enfonce dans la terre

Je n’existe pas

Pourtant mes doigts s’accrochent aux choses

Je n’existe pas

Pourtant je vois que tu m’observes

Je n’existe pas

Pourtant je voudrai me cacher sous terre

Comment me cacher ?

Si je n’existe pas

Comment peux-tu me voir ?

Si je n’existe pas

Comment puis-je tenir, agripper, porter, caresser ?                     

Si je n’existe pas

Comment mon pied peut-il laisser des traces ?

Si je n’existe pas

Comment puis-je respirer ?

Si je n’existe pas

Comment puis-je me libérer l’esprit ?

Si je n’existe pas.



JE NE TROUVE PAS DE VOIE   (mars 2010)

 

Je ne trouve pas de voie, pour ce que j’ai à faire entendre,

Je ne trouve pas le son à ma musique intérieur,

Il y a comme un barrage où se noient mes intentions.

Ma voix déraille, manque de corps.

Du fond de ma gorge, s’épuisent en silence, les mots à dire, les mots.

Remonter alors vers la trachée, devient impossible,

Ceux qui trouvent la force, s’égarent, perdent le sens de leur message,

Il faut attendre encore,

Que le chemin se prépare à accueillir sans faille,

Ce défilé prometteur de mots, de sons,

Pour qu’enfin ce pincement s’en aille,

Du profond de ma gorge.

 

 

LA POTIERE EST CRUCHE (mars 2010)

 

La potière est cruche

Ronde et polie

Sortie du feu intense, encore chaude

Elle dévoile ses formes

Contenant creux du caché, du sombre

Matière manifeste de l’insoupçonnable

Substance témoin du geste de son créateur

Lissée, creusée, façonnée

Réceptacle de l’eau de source

Implore au ciel mains tendues

Recevant encore de doux breuvage

La potière est cruche

Ronde et polie

Posée là

Ses rondeurs prêtes à accueillir

Son visage tendu droit au ciel

Ses joues gonflées, soufflent impuretés et poussières

Un temps d’amour

Par temps de pluie, elle se remplie des offrandes célestes

Posée là

Sa chevelure ruissèle

La potière est cruche

Ronde et souterraine

Grand contenant obscur et sombre

Espace prêt à nourrir

De cette nourriture sacrée va faire germer

Des racines, des plantes, des fleurs

Autour de sa tête, le long de sa chevelure mouillée

Et descendre au sol, et s’y encrer

La potière et cruche

Ronde et comblée

Se fond aux trésors, que livre la terre

Devient vert tige, écorce d’arbre, fleur parfumée

Son cœur se rythme à celui de sa nourricière

Pour une seule respiration.

 


J’ai revu l’homme nu (mars 2010)

 

J’ai revu l’homme nu.

Aux confins des angles de son corps

J’ai déposé ma terre humide,

J’ai ôté peu à peu le trop pour en dégager les creux,

J’ai forcé du pouce un lissage, pour courber son dos rond,

J’ai imprimé les pigments de sa peau sur ma terre chamottée,

J’ai dénudé un bras, supporté par une jambe,

J’ai enfoncé la paume de ma main sur ses hanches et j’y ai lissé ce creux

Mes mains, au rythme de ma respiration profonde ont  taillées la terre

                                                                                  ont vibrées ses formes,

Sa blancheur s’est reflétée, non loin de mon âme.

Homme nu s’est posé là,

Superbe et entier,

D’une ora perceptible, il a donné avec pudeur,

ses pensées, son âme, son souffle à mes terres mêlées,

simplement, sans condition.

J’ai absorbé son image, fait mienne un instant,

Précieux instant, rare, privilégié.

Mes mains ont lentement, tissé son reflet,

 Et dans un souffle récupéré ont donné à cet homme nu,

Sa posture figée.

 

 

mon corps en danse (mars 2010)


J'avais tendance à oublier,

qu'au dessus de mes pieds

brûle un corps teinté chair.

J'avais tendance à oublier,

qu'en dessous de mon crâne de pensées,

des milliers de cellules vibrantes,

s'allient, se soulèvent et se gonflent, pour me faire respirer.

J'avais tendance à oublier,

qu'en dessous, là, juste derrière ma poitrine,

un cœur se soulève, se contracte, se désespère.

J'avais tendance à oublier,

que mon âme est juste à l'abri,

sous cet amas de chair et de sang, son incarnation.

Faut-il que je t'oublie encore ?

Faut-il que je ne cultive que mon esprit ?

Faut-il que tu m'assourdisses encore de tes maux ?

Pour que je te vois exister, vibrer, frémir, trembler, vivre ?

J'avais tendance à oublier,

que mon corps en danse, seul, peut me faire exister.

 

 

 

Quitter le monde, un instant (avril 2010)


Comment se détacher du monde

Claquer les ondes

Brouiller les risques et prendre ombrage

De l’envahissement des êtres

Je sonne le glas

De grâce

Laissez-moi

En rotonde faire prière

De n’avoir plus à plaire

Un souffle d’air

Pour gonfler mes artères

De paix

S’il y a un désir qui se fait souffrir

Le clamer haut

Dieu sait qu’au loin

D’un pont au-dessus des profondeurs

Le cri sera perçu

Tant il est sincère.

 

 

Bain (mars 2010)

 

Mousse, mousse,

Mousse, cache ma peau

De bulles en bulles éclatent, crépitent

Laissent entrevoir un sein, un dos,

Corps en apesanteur d’os

Respiration en apnée d’air

Méditation en centre plein

Liquide porte léger cette masse

La calme, le replace

Bouillon chaud s’infiltre en pores

Jus dans lymphe, vaisseaux, os

Séparé d’une fine peau

Des eaux du bouillon chaud

Puis doucement quittent

La large vasque blanche

Aspirent corps en partance

De tourbillon d’eau

Retomber en lourdeur

Et attendre

De n’être bercé

Par plus aucune eau

***

 


En un instant,

Je laisse se profiler les coulures multicolores de mes pensées,

Je rentre dans les profondeurs de mon encre et navigue sur le cours fluide ma vie.

 

****

60 jours que je sème en terre aride, tant de jours que je cherche eau pure.

Poursuite du temps.

Un virage brut al, une échappée folle, il est temps de noyer le monstre agonisant, lui faire boire la tasse, le marteler, boire à sa santé le meilleur vin de la cave, y noyer les larmes, les peurs dans l’oubli, s’assurer qu’il a bien entrepris le voyage, vivre d’un souffle vivifiant, ronger les ongles des morts et crier sa soif d’amour au vivants.

Tête de lune sculpte la nuit à la lumière du soleil perçant.

 

***

 

J’emmagasine des pensées

Je souffre des rencontres

Je poursuis mes rêves

Lentement

Très lentement

 

***

 

La terre est carnassière

Entendons son besoin

D’avaler, d’engloutir

 

 

FEU (Portugal juillet 2010)

 

Une lumière outrageante

D’une force virulente

Assaille la pente

D’un rouge sorti des enfers

Nuit à toute vie

Tue, dérobe et incendie

Une torpeur s’empare de la pénombre

Eclaire de ses yeux de braise

Le ciel, à la fin du jour

Coulée de lave

Sauvage et furibonde

Outrage la montagne

Dévale la pente

Ronge la terre

Foudroie toute vie.

 

FEU 2 (Portugal juillet 2010)

 

Au feu puissant qui grignote

A la montagne qui se livre

Aux flammes enragées et rougeoyantes

Aux caprices du ciel

A la nuit qui révèle l’incandescence de la terre

A la fournaise capricieuse

J’implore de cesser

Son ascension carnivore

 

FEU 3 (Portugal juillet 2010)

 

Au-delà des sons

Brûle, en silence

Une colline rougeoyante

Prise par les flammes, en silence

Consumée par la braise

Se soumet, silence

Ne retient ni ses forêts, ni ses plantes

Impuissante au rideau infernal

De braises et de fumées

Se consume, en silence

 

Sentinelles (août 2010)

 

Si tu te lamente

De ne pas parvenir

A franchir la haute porte

Protégée de sentinelles

Bienveillantes

Garde en mémoire

Que ce chemin désormais

S’impose sous tes pieds

Se trace en profondeur

 

Je perds mon temps (août 2010)

 

Je perds mon temps

A regarder l’océan

S’échouer à mes pieds

Et tes pieds reculer

Tel un crabe

Je perds mon temps

A la passer à tes côtés

Du côté de ton âme

Vide et vidée,

Tranchée de vie

Dénuée de sens

Ce nous en absence

De jeu et de tu