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Texte - MANDALAS et CEINTURE

 

LA CEINTURE  -   photos

 

Matérialiser un besoin profond de protection, s’ancrer grâce au soutien de la taille et se relier aux quatre directions.

La pensée part du centre, je relie mon ventre, espace de mes tourments et de mes apaisements, à l’univers, un cône rassemble et concentre les forces en mouvements vers sa pointe.

J’établis peu à peu un cercle protecteur : la boucle, dans laquelle vibrent des sillons creusés. Des amandes, ordonnées les unes contre les autres, annoncent les éléments extérieurs, qui prolongeront les forces.

Puis, des lacets légèrement torsadés en leur centre courent de part et d’autre de ma taille. J’envisage que deux éléments de grande taille les réuniront en mon dos. Je vois alors cette partie de mon corps complètement enveloppée, étreinte par l’objet à naitre. Se dessine au-dessus de la boucle, une ouverture embrassant le ciel, en forme de croissant, dans laquelle repose une fleur.

Je sens mon corps qui s’étire vers le haut, toute son énergie aspirée, mes mains s’ouvrent vers le ciel, prêtes à recevoir.

Je ressens un puissant besoin d’enraciner l’objet vers le bas, jusqu’à mes pieds, condition nécessaire pour le faire exister dans sa totalité.

Pour cela ma planche de travail n’est pas suffisamment grande. Deux forces contraires se mettent alors en mouvement, en vrille, descendant de mon ventre et remontant de la terre.

Cette double marche est scandée par des croissants tournés vers le ciel, me rappelant toujours la direction à prendre, celle qui s’impose déjà à travers le croissant du haut.

Tout au long du travail, mentalement, j’accompli le geste d’ôter et de replacer la ceinture de ma taille, pour vérifier qu’elle me ceint parfaitement les hanches, pour vérifier que les grandes amandes embrassent harmonieusement la courbe de mon dos, la chute de mes reins. J’accorde du temps et le plus de soin possible à leur réalisation, parées minutieusement d’amandes plus petites.

Une croix se dresse, les amandes comme des mains grandes ouvertes.

Je sens mon corps entier à travers l’objet.

Mon cœur au centre, mes membres reliés aux quatre directions. Je me sens vivante, plus que jamais dans l’instant présent. Ce sentiment prédomine, avec plus ou moins d’intensité, tout au long du «travail ».

L’objet, projette des pensées : il dit que le divin est le chemin, que je peux y partir à l’aventure, sans crainte et en toute confiance, je serai protégée dans les épreuves comme dans les instants de bonheur.

J’ai façonné cette ceinture, j’ai pris conscience de sa présence comme force vitale, qui m’a entourée, cintrée, soutenue à ce moment précis, indispensable à ma survie.

En la déposant, j’ai déposé mes souffrances, j’ai libéré le cœur de mes énergies.

En la modelant, j’ai symboliquement nourri mon besoin vital de protection, de quête d’infini.

Elle a nourri de sa force mes reins,  je peux maintenant cheminer sans elle, je sais qu’à tout moment elle peut embrasser à nouveau mes hanches.

Je ne peux plus oublier, car les gestes qui l’ont façonnée sont gravés dans les pores de mes doigts, qui en gardent la mémoire. Cette lecture peut se rep

ceinture1

rendre à tout moment.

Cette ceinture est la puissante projection d’une véritable doule

ur physique inscrite dans les reins, paralysant la vie en son centre, à son point de ray

onnement, en un va et vient incessant. L’équilibre est rétabli.

Les forces peuvent circuler à nouveau, dans tout le corps. Harmonieusement.

 

 

LE MANDALA  

 

Le mal aux reins se fait plus intense.

Le mandala est plein de promesses, je ne sais pourtant pas où je vais.

Je sens un tourbillon intérieur, contenu et dense.

Il est le premier élément que j’ordonne, en spirale, large et volumineuse.

Il reçoit en son centre une fleur ouverte de laquelle germe une graine pointée vers le haut.

Une grande puissance en émane, qui calme instantanément ma tempête intérieure. Je peux commencer mon exploration en direction du monde infini, infiniment grand, infiniment petit.

La terre pincée sur les quatre côtés m’évoque les os d’une colonne vertébrale.

Je ressens le bas de mon dos, endolori.

Toujours vers les quatre directions, mon énergie se diffuse, se répand.

Je voudrai m’allonger au sol, étendre mes bras contre terre.

Quatre éléments entourent le centre, chacun composé de quatre doubles coupelles posées en offrande, consacrées à accueillir ce qui vient d’en haut.

Le temps devient nécessairement précieux pour creuser ces réservoirs et libérer ainsi l’espace destiné à recevoir ce qu’il y a à recevoir.

A mesure qu’elles s’éloignent du centre, les coupelles s’agrandissent, et mes pensées vont vers le monde, l’univers, et bien au-delà, et reviennent à nouveau vers le centre.

Je suis un être parmi les êtres, chaînon du continuum humain.

Doucement, un sentiment d’amour universel m’enivre.

Je sens peu à peu ma colonne s’offrir.

Je vis cette mise à nue, progressive et inéluctable.

Le quatuor de coupelles est relié par un cordage en vrille.

L’énergie de vie circule, réunie, rassemble. Je pense à mon dos, à l’énergie qui le traverse. Chacune des coupelles est une de mes vertèbres.

Ma colonne s’anime de vie, s’ordonne, reçoit. Une croix ouverte au monde s’impose. Je suis troublée, encore.

Autour de cet axe, s’organisent en volute une succession de galets gravés des empreintes de la paume de ma main. Au centre, une grosse graine en bouton, s’anime en son extrémité, pointe vers le haut.

Elle s’apprête à éclore sous l’impulsion du mouvement en spirale de ce que j’ai pensé être un instant des pièces d’or, trésor caché de mes profondeurs.

 A chaque étape, j’ai pris conscience du vivant contenu dans mon corps, en parfaite harmonie avec les éléments créés : reflet dans un miroir.

La puissance d’expression de la matière m’a permis de transcender mes émotions, mes tensions, mes résistances, mes souffrances, en un ordre naturel, céleste et sublime.

L’acte de créer me relie au divin.

Créer, engendrer,  bâtir, la création de l’Homme et du monde dans son essence pure, dans sa forme première.

Créer me rappelle d’où je viens et donne un sens à ma vie terrestre.

Me fait exister intensément dans le temps présent.

Me libère de l’ignomandala reins1rance de la mort.

Créer me re crée. C’est une certitude, créer me relie à Dieu.

Ici, il n’y a pas d’intermédiaire entre le ciel et l’homme, pas de création humaine servant symboliquement de relais.

Pl us rien n’empêche d’accéder au divin que le divin lui-même.

Le mandala me recentre en un point unique. Celui de mon âme.

 

 

 

 

 

Je fais un point 

D’amour et de respect

A mon être visible et invisible

Je fais un point

Un point sensible

A dévorer l’union de ces deux chairs

Celle du cœur, celle de l’âme

A les fixer telles, libres et sincères

Je fais un point

Pour admirer la vue 

Contempler le chemin parcouru

Me délecter de l’être devenu

Je fais un point, Au centre de  moi-même

J’en accueille les trésors et les disconvenues.

 

Au centre, m’enveloppe un sentiment d’accomplissement

J’en frôle la démence

Ainsi proche de la folie, j’ai cette liberté de m’y abandonner,

Passée cette frontière, j’en goûte les fruits

Je suis déjà venue ici, j’y ai rencontré un ange, gardienne, messagère

Je comprends cette liberté d’être, au point où elle m’assaille, et fait rage 

Elle me dit, viens, soi, et rien davantage. Je la suis, calme et tranquille. 

  

Je cherche la transparence. Imperméabilité à toutes choses

Je suis conquise, et avec légèreté je passe les portes

Qui me guident à la paix, et à l’harmonie.