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Texte - A LIRE COMME UN MANDALA

J’ai hâte,

Perplexe au plaisir de colorier, je m’ouvre au chemin à découvrir.

Sentiment de partir d’une base, qui nécessité humilité.

Un retour à l’enfance.

Vivre l’expérience, le but ultime, le décrochage des pensées.

Je pars au centre et fait vibrer.

Je joue le je. Je pense à ce qui me lie, à moi-même et aux autres, je m’interroge sur ma présence ici et le sens de cette quête. Mille questions fusent et filent.

Je sens une résistance, c’est à mon habitude, rébellion intrinsèque à mon être, je l’accepte, je l’accueille, elle me traverse.

J’ai envie d’écrire, peut être plus que de colorier. Qu’ai-je à distancer dans ce qui me fait m’éloigner de ce centre en spirale, aux couleurs de feu.

Je me délimite en parcelles, cernées de noir, limites à ce qui se propage. Davantage de sécurité, de maitrise. Hautes résistances aux feux propagateurs, aux marasmes intérieurs.

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Je rêve d’un monde ou tout s’inverse, d’arbres bleus, tirants vers le ciel, de couches de nuages se confondant aux feuillages, envie de poésie, d’amour, de gloire au ciel, au père universel.

La création m’est une image, familière et toujours en devenir, en progression, elle s’est faite maitre de mon être, entier, l’habite, le soulève.

J’ai choisi la Terre, les Arbres, les Feuilles, j’ai élu un ciel où tout se confond, se relie, approche universelle et intemporelle de mon rêve comblé, relier les hommes.

De la Terre, du monde je suis née, j’appartiens, un fil d’or large et profond me relie aux êtres morts, aux êtres vivants, j’exulte d’harmoniser constamment ce cercle animé.

J’arrache à mes songes ce rêve d’humanité, j’en crève de ne faire qu’un avec ce monde divisé, d’embrasser l’autre, de m’y plonger, de m’y noyer, de m’y perdre infiniment, d’activer cette machine, d’en entendre le moteur, dont le tintamarre assourdissant couvrirai nos plaintes, nos craintes, nos peurs, nos individualités.

L’homme est ainsi fait, il se divise lui-même, en parcelle inégales, s’égare, en oublie l’amour, l’unique chemin qui le fait être en vie, être de vie.

Toi et Moi nous courrons à perte de son, en cri s’écrasant contre les montagnes immuables, il nous revient strident, tonitruant, en ondes.

Toi et Moi nous venons du même arbre, des mêmes racines.

Toi et Moi nous sommes éclairés du même ciel, baigné des mêmes nuées.

Qu’as-tu à dire à cela ? Contestes-tu ce qui nous relie ?

Sinueuses parties d’un être qui se déchire, se reconstruit, et enfin s’accompli.

La vie est un entrelacs de mou et de dur, de pleins et de vides, d’ombres et de lumières.

Je n’ai rien à dire pour l’instant au sujet de mes ombres, je les connais, les reconnais désormais, les accepte, les soulage, apprend à les aimer, à aimer.

Que le ciel profite de cette divine mélancolie, je suis créatrice de ma vie.

En souvenir de ce que tu as mis en moi bien avant ma naissance, je te rends cette offrande, je créé à mon tour, inlassablement.

J’ai déjà rencontré  cette petite fille, en son cœur, en son âme elle n’est pas artiste, elle créé, et ainsi se sauve de sa part bestiale, de sa face animale, s’aventurant toujours à la rencontre d’elle-même, aux confins de ses profondeurs, trouvant en cette voix le dessein qui est sien, la porte au-delà, à la rencontre d’autres, multiples miroirs à facettes de tout ce qui la compose.

Le ciel tourne et je tourne le ciel. Je suis dans l’univers, universellement terrestre, universellement azuriène.

Dans mon ciel naviguent tout nuage. Noirs et gris s’agitent en temps de tourmente, et la transparence des bleus vient de droit prendre leur place, c’est la vie, en vérité.

Colorier, m’enfermer dans des traits, une rébellion intérieure fait rage. Je décide de m’adapter. Je trouve enfin le moyen d’assouvir ma créativité, ma sécurité intérieure. Créer est un acte divin.

A ce stade de la randonnée, je ne m’essouffle guère, je trouve une plaine, baignée de lumière, je vois encore la montagne, ses cimes, la vie devant moi.

Le chemin à soi est le chemin unique, il relie le cœur au céleste, l’âme au divin. Sur ses bas côtés circulent d’autres hommes, sombres, beaux, de volupté, parmi eux, certains aiment, parmi eux d’autres souffrent et aiment, au rythme de leur marche, pas à pas.

Le mandala me fait toucher, encore, ce que recèle mon âme, l’accès à mes codes secrets. Je me pensais emprisonnées dans des traits, et je trouve ma liberté. Je touche au cœur cette essence, concentré de ce liquide qui véhicule mon énergie toute entière.

J’ai joué le je, d’entrer dans les lignes d’un autre, j’en ai accepté les tracés, j’ai pu en ressortir sans me perdre, ayant mangé à ma faim. Le choix du dessin n’est certes pas anodin. Il est fait de nature, j’y ai trouvé ma nature, à cœur.

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Je me délecte d’un moment venu, m’enseigner mon chemin, m’enseigner ma place.

Je me délecte de cet instant, et si magicienne je suis, ou bien sorcière, je n’aurai même pas à le transformer, tant il mérite d’être dégusté tel.

Je vois des plumes d’encre, des plumes de vieille porte plumes. Ecrire, écrire, écrire, dire, souffler mots d’amour, d’espoir, d’encre, d’ancre.

Je vois des plumes qui me disent de dire, ce qui entre en âme, entame mes pensées. Acceptez-vous que je vous dise comment je résonne ?

Quel genre de cloche en moi tinte et sonne ?

Quel genre de dévote je suis ?

Quel genre d’âme je renferme ?

Ombre et lumière j’aime à recevoir.

J’aime à dire qu’elles me recouvrent, m’enveloppent, me hantent, me transpercent, pour mon plus grand bien.

Mots je vous accueille.

Merveilleuse ténacité de s’accrocher au fil de soi, de le dérouler avec frénésie, d’en dénouer avec respiration chaque nœud.

Aller de l’ombre à la lumière.

Quelle magnifique comédie,

Quelle superbe.

 

* * *

 

Je fais un point

D’amour et de respect

A mon être visible et invisible

Je fais un point

Un point sensible

A dévorer l’union de ces deux chairs

Celle du cœur, celle de l’âme

A les fixer telles, libres et sincères

Je fais un point

Pour admirer le vue

Contempler le chemin parcouru

Me délecter de l’être devenu

Je fais un point

Au centre de moi-même

J’en aime les trésors et les disconvenues.

 

* * *

 

Au centre, m’enveloppe un sentiment de telle complétude que j’en frôle la démence.

Ainsi proche de la folie, j’aurai cette liberté de m’y abandonner, de passer cette frontière, j’aurai cette conscience d’en goûter les fruits.

Je suis déjà venue ici, j’y ai rencontré un ange, gardienne, messagère.

Je comprends cette liberté d’être, au point où elle m’assaille, et fait rage.

Elle me dit, viens, soi, et rien davantage.

Je la suis, calme et tranquille.

 

* * *

 

Je cherche la transparence

Imperméabilité à toutes choses

Je suis conquise

Avec légèreté je passe les portes

Qui me guident à la paix et à l’harmonie

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