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DANSE ENTERREE VERS UN CIEL CRU

Publié le par fredy céramique

CREATURE CUITE EN TERRE

JE PLOIE DU POIDS DU MONDE

MON HISTOIRE ET J'AMORCE

LE MOUVEMENT

DE MA DANSE

ENTERREE

VERS UN

CIEL

CRU

 

 

Je sors de Terre.

Courbe est mon trajet, je souffle

La rotation s'insinue dans mes chairs

Je brandis mon corps vers les étoiles que je

cache

avec pesanteur et difficulté

Les doigts soudés dans ma dorsale inconsciente

je cherche à sortir de ma condition

tout en effaçant les traces qui fusionnent entre

Elle et moi

Je grave ma pensée, cri sourd qui dirige mon

cheminement

la main déposée comme morte sur le sol

j'ouvre ma paume au ciel en rêvant qu'y tombe un

morceau

Un morceau de ciel, nid inaccessible d'où je viens

reconnecter ma source me fait si peur trembler

J'avance comme enchaînée, collée rivée jusqu'aux

cuisses tant elle me berce et me rassure, ma

Terre.

La lumière m'aveugle et je décline la tête mais si

j'essaie de regarder vraiment c'est une

souffrance qui détourne mon visage

Si je pouvais me hisser, me percher, je ne

prendrai encore aucun essor

je plongerai la tête la première vers Elle qui

couve et panse mon être entier

sans limites

Je veux voler ! M'extirper, me soustraire

pourquoi ces brumes épaisses

me collent et m'attachent-elles ?

Je suis mon propre fardeau, soumis aux lois de

Newton, tout effort restera vain mais j'avance,

je rampe à moitié, je danse de tout le poids de

mon histoire, et cela me suffira bien pour

l'éternité

Les mains plus que liées au sacrum, j'étouffe

Kundalini,

serpent de vie trop effrayant pour mon éveil,

de sa puissance refoulée je tire le fil du rasoir

sur ma lente destinée

Je me souviens avoir été Libellule

ses battements d'ailes résonnent en moi à chaque

pas,

mais j'avance, Palétuvier dans la mangrove,

tirant sur mes racines pour qu'elles me suivent et

me nourrissent,

même si je salive de m'abreuver au cosmos

Je vais et tôt ou tard je serai entièrement entre

Ciel et Terre

sans flotter ni tomber sans couler ni être aspirée

Inspirée l'êtes-vous quand vous caressez mes

contorsions ?

Je m'en fous, je suis seul avec tout mes émoi

et ce trop plein me comble

éloignez-vous de mon pardon,

j'ai bien trop à craindre

des fusions

Je donne jusqu'à la ceinture

à cette Terre douce et dure

Qui porte et soutient mon élan

Élan dans un vide béant

Vide de tout paradoxe

Des troubles occis de ma démence

Ma démesure mes exigences

d'intégrité de perfection

De vous qui croquâtes ce cœur

Pétri du goût de l'amertume

J'attends un seul enlacement

Venant rompre l'enchantement

Et dissiper ces sales brumes

Je cherche à sentir le parfum

D'une corolle entre ces mains

Qui me prendraient comme une plante

A déraciner, une amante

A jeter par-dessus la croupe

Et galoper le vent en poupe

Je veux voler emportez-moi

Vous les oiseaux, les Aigles Rois

Mais je ne suis qu'un vers de Terre

Rêvant de s'envoyer en l'Air.

 

Beb Kabahn pour Frédérique MIRANDE

à ses sculptures, tes créatures




 

 


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